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Mireille Taillon de Country Pride

Biographie autorisée

Texte de Bernard Pednault

Il nous faut remonter à 1992 pour retracer le chemin parcouru par Mireille Taillon.  C’est lors d’un voyage aux États-Unis qu’elle a pour une première fois l’occasion d’apprécier la musique country.  À cette époque, elle est loin de se douter que cela la mènerait à ce qui allait devenir sa grande passion durant de nombreuses années à venir. 

Dès 1993, elle s’intéresse à la danse country, pour ce faire, elle n’hésite pas à suivre des cours avec Marie et Tim Miller de l’École de Danse Country Bound au Vermont, U.S.A.  Des professeurs qu’elle connaît plutôt bien puisqu’elle a eu à maintes reprises l’occasion de les rencontrer lors de visites à Essex Junction, lors de journées dédiées à la danse country.  En 1994, Marie et Tim sont tous deux engagés par Denis Desormeaux du Complexe Nashville de St-Luc.  Ils y enseigneront la danse country de mars à novembre de cette même année.  Après les avoir remplacés à quelques reprises, Mireille se fait offrir un poste de professeur.  

Native de Sorel, Mireille a une sœur qui s’intéresse à la danse country mais en contre- partie aucun de ses frères.  Travail oblige, elle exerce à ce moment-là le métier de chauffeur d’autobus.

C’est en 1994 que Mireille fonde « Country Bound Québec ».  Peu de temps après, elle changera pour « Country Pride », nom que porte toujours son école aujourd’hui.

Nous sommes dans une période où la danse country est en pleine ébullition, de nombreux bars optent pour une vocation country mais peu persisteront puisque les danseurs ont la réputation de gens qui ne boivent pas.  Toutefois Mireille profitera de cette occasion pour se faire connaître et aussi faire apprécier la danse country à beaucoup de gens.  Elle aura donc l’occasion d’enseigner à des endroits tels que le Chicago Pub de Brossard qui est devenu par la suite l’Arizona, le Whiskey’s, le Riviéra et même le Country Town de Ste-Agathe des Monts.  En 1997 et 1998, elle loue un emplacement au sous-sol du Bar Le Château sur Grande Allée à St-Hubert ; elle donne également des cours dans une brasserie de Ste-Julie.   De 1999 à 2003, au Bar Le Volage de St-Hubert, elle y enseignera trois soirs semaine en plus des dimanches et y animera des soirées les vendredis et samedis.  Durant cette période, soit pendant plus de quatre ans, elle enseignera aussi à la salle de Moose de Laprairie.   Cette passion de la danse, elle veut la communiquer aux autres.

Présentement Mireille enseigne et habite St-Philippe de Laprairie.  Elle est toujours chauffeur d’autobus scolaire.  La passion, elle l’a toujours mais ne pense aucunement à en vivre. 

À plusieurs reprises, elle fut demandée pour enseigner,  entre autres lors d’ateliers avec les Chuck Wagon Country Dancers, Danse Country MJM ou Cowboy Rhythm lors d’un de leur Grand Rendez-vous Country présenté à Lachine.   Elle a également participé à un ‘Round-Up’ à Essex Junction comme professeur.   Nul doute que ce dernier événement fut une expérience mémorable pour elle et comme elle le dit si bien, ‘L’ambiance était extraordinaire, il y avait des professeurs de tous les coins des États-Unis’.

C’est en juin 1998 que Mireille nous présente l’une de ses premières chorégraphies :  ‘Dance The Night Away’, laquelle fera danser bien des amateurs.  Elle poursuivra sur cette lancée en nous offrant  ‘Boots are Ready To Dance’  en septembre 2000 ; ce sera suivi de ‘Darlin’ Mambo’ en octobre 2000, ‘Alamo Alami’ en février 2001 puis ‘Woman’ en octobre 2002.  De son dire,  ‘Darlin’ Mambo’ est sans aucun doute la chorégraphie qui aura permis de la faire connaître’.

En 2001, elle touche au monde de la compétition.  Un domaine qu’elle n’a particulièrement pas apprécié.  Selon elle, cela ressemble beaucoup plus à un  spectacle de danse sociale.  Pour elle, ce n’est pas assez country. 

Aujourd’hui, son école ne compte pas énormément d’élèves mais l’important pour elle, c’est de leur faire aimer la danse, que chacun s’amuse et y trouve du plaisir.

Elle n’est pas surprise de l’envergure qu’a prise la danse country aujourd’hui, selon Mireille,  ‘Ce n’est pas une musique qui est agressive, elle rejoint beaucoup de gens, c’est peu coûteux et cela permet de socialiser, qui plus est, on fait de l’exercice tout en pratiquant sa mémoire.  Malheureusement, il y a tellement de danses maintenant que pour certains, cela devient une corvée et ils abandonnent’.   Pour elle, les nombreux festivals ainsi que les spectacles d’artistes country auront permis une telle progression de la danse country.

Pour Mireille, la danse country ne se porte pas vraiment  bien, il y a une baisse flagrante de l’achalandage dû principalement au fait qu’il y a trop de danses.  ‘Les gens ne veulent plus se casser la tête à toujours apprendre de nouvelles danses qui après quelques mois ne se dansent même plus.  À cela il faut ajouter que le nombre de professeurs a grandement augmenté’

Elle déplore la venue de musiques ‘latino et dance’ dans le monde du country, selon elle,  ‘Cela jette une mauvaise impression de ce qu’est en réalité la danse country, surtout lors des festivals ;  heureusement ce ne sont pas toutes les écoles qui en enseignent et les gens savent choisir l’école qui leur convient le mieux’.  

L’avenir de la danse country est durement compromis selon Mireille si les écoles continuent à enseigner un trop grand  nombre de nouvelles danses.

Pour elle, il n’y a pas aucune association ou regroupement qui est capable de rejoindre toutes les écoles de danse :  ‘La majorité des gens veulent tout simplement s’amuser et ne s’arrêtent pas à la qualité de l’enseignement qui leur est offert.  S’ils ont du plaisir, alors cela leur importe peu que le professeur soit compétent ou non’.

Mireille se voit encore pour plusieurs années comme professeur, pour s’amuser bien sûr, être avec les gens et essayer de leur faire aimer cette belle activité qu’est la danse country ; c’est sa motivation.

Elle souhaite que les écoles prennent conscience avant qu’il soit trop tard qu’il y a présentement trop de danses qui sont enseignées.  Un vœu pieux qui selon elle serait grandement apprécié par bien des danseurs.