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Pamela Therien de Swing Ouest

Biographie autorisée

Texte de Bernard Pednault

Née d’une mère anglophone et d’un père francophone, les premières pièces musicales que Pamela a entendues lorsqu’elle était encore enfant étaient du style plutôt western américain. Sa mère n’écoutant pratiquement que des canaux anglais, cette musique a pour ainsi dire toujours fait partie de sa vie. Son intérêt pour la danse remonte également à sa tendre enfance puisque lors de rassemblements familiaux ou autres, le ‘Two Step, Rock’n Roll et autres danses populaires de l’époque étaient toutes dansées régulièrement. Elle ne refusait jamais une invitation sur un plancher de danse. C‘est en 1997, lors de visites répétées dans des festivals country que cette passion pour la danse rejaillit. Elle constate qu’il y a beaucoup de gens comme elle qui aiment ce style de musique et qui ont aussi cette passion pour la danse country. Quel beau mariage dira t-elle ! 

Native de la campagne de St-Eustache, ce n’est que vers l’âge de 10 ans qu’elle déménage à Laval. Tout un contraste que de se retrouver dans un développement de maisons unifamiliales ; fini les chevaux et bonjour le disco.

Ayant une formation en lithographie, sa profession lui permet de toucher à toutes les étapes du monde de la publicité, en passant par la conception jusqu’au montage de films. De beaux souvenirs qu’elle en retirera et qui lui servent encore aujourd’hui en commençant par les relations humaines, et ce, jusqu’à la gestion d’entreprise.

Tous les membres de sa famille s’intéressent soit à la musique ou bien à la danse country. Seul ses deux adolescentes le sont moins, mais elle est certaine qu’un jour la musique country fera aussi partie de leur discographie. Pamela a la chance d’avoir rencontré un homme fantastique qui se prénomme Léo et qui adore tout comme elle la musique et la danse country. Il a aussi été élevé par des parents qui avaient dans le sang le ‘Two Step’.

Son intérêt pour la danse s’accentuant, c’est en 1998 qu’elle se décide à prendre des cours avec Mariette et Jean-Marc Villeneuve de Danse Country MJM. À cette époque, elle dansait et enseignait déjà mais elle ne s’était jamais arrêtée à apprendre toute la terminologie des pas de danse. Besoin étant, elle se devait d’aller plus loin. Par la suite sont venus les cours de perfectionnement, pour devenir membre de différentes associations et aussi pour devenir juge de compétition. Sans aucun doute de nombreux cours l’attendent encore dans un avenir plus ou moins rapproché. Officiellement, elle donna son premier cours en septembre 1999, une semaine après le Festival Western de St-Tite. Le nom de son école : ‘Swing Ouest’, l’endroit : Maison Optimiste de St-Eustache, où elle enseigne toujours. Elle s’en souvient comme si c’était hier.  ‘La peur de ne pas être en mesure de parler devant tous ces nouveaux visages me faisait trembler comme une feuille. J’en suis sortie complètement vidée’.

Elle se questionne rarement sur ce qui l’a motivée à faire telles ou telles choses. Pour elle, enseigner, c’est plus une destinée qu’une motivation. ‘Je me souviens étant jeune avoir regardé à la télé des compétitions de danse internationale et de penser que j’aimerais bien danser et enseigner pour gagner ma vie’.  Présentement en plus d’enseigner à St-Eustache, elle offre des cours également à Ste-Marthe-sur-le-lac et à Lachute.

Depuis maintenant 6 ans, elle fait du transport scolaire. Elle adore cela, ça lui permet entre autres, entre ses deux circuits de la journée, de préparer ses cours du soir.  ‘Pour moi, gérer un travail de 9 à 5, en plus de donner des cours le soir, organiser les activités de fins de semaines, les soirées de danse et régler tous les petits problèmes à la maison, il n’en est pas question’.

Habitant Boisbriand depuis 1995, elle avoue que la campagne lui manque, mais la décision de déménager n’est pas facile à prendre. ‘J’aime la vie mouvementée mais aussi la stabilité. Je ne veux surtout pas que les enfants perdent leur sentiment de sécurité’.

Vivre de son école de danse, c’est le rêve de bien des professeurs. Pour elle, c’est un objectif qu’elle aimerait bien atteindre. 

Participer à différents événements, elle le fait régulièrement mais pour elle, l’événement qui l’a le plus marqué est sans l’ombre d’un doute les 2 jours country au profit de la Fondation Mira. Une collaboration impressionnante entre Danse Country MJM, Forever Country et Swing Ouest qui a permis d’amasser la jolie somme de 10,000.00$.

Début 2006, elle se sent enfin prête à nous offrir sa première chorégraphie. ‘Your Man’, une danse de partenaires sur une musique interprétée par ‘Josh Turner’ remporte un franc succès.

Elle recherche avant tout à améliorer sa technique d’enseignement. ‘Pour moi, que mes élèves sortent de leurs cours satisfaits de leur apprentissage est très motivant, réussir à les faire sourire et qu’ils progressent normalement me rend encore plus heureuse’.  Elle évalue présentement entre 75 et 100 le nombre de ses élèves.

Pour Pamela, la danse country au cours des dernières années a bien changé.  ‘De quelques écoles que nous étions sur la rive Nord, ce nombres a beaucoup augmenté. Pour moi l’envergure qu’a prise la danse country était prévisible. Les gens aiment pour la majorité se divertir. Depuis que le monde est monde, les gens dansent, cela fait partie de nos mœurs. Les gens s’affichent beaucoup plus qu’avant, la publicité dans les journaux, le bouche à oreille y sont également pour quelque chose’. Cette progression, on la doit de son dire aux artistes du country américain, tels que Garth Brooks, Shania Twain, Faith Hill pour ne nommer que ceux-là.  ‘Ils ont su apporter une nouvelle vision de la musique country à bien des gens. Malheureusement plusieurs ne font pas encore la différence entre la musique country et le western québécois’.

Difficile de dire comment se porte la danse country aujourd’hui ‘Pour pouvoir dire si la danse country en général se porte bien, je devrais me référer à qui? À quoi? À des statistiques que je n’ai pas ! En ce qui concerne mon école, je considère que tout va bien’.

Pour elle, la venue d’autres styles musicaux ne l’effraie aucunement ‘Nous dansions sur d’autres musique avant le country. Je ne connais personne qui écoute seulement de la musique country. Il ne faut pas se le cacher, la musique country a de nombreuses tangentes ; on a qu’a penser aux ‘Country Rock, Country Pop, Country Classique, Bluegrass, Country Blues et j’en passe. Cela revient à chaque école de définir son orientation ; il faut être à l’écoute de ses élèves, après tout ce sont eux qui déboursent pour apprendre des danses. Pour ma part, 8 danses sur 10 sont sur des musiques country’.

L’avenir de la danse country est appelé à changer. ‘Les artistes sont tous plus différents les uns des autres, tout change, tout évolue que nous le voulions ou non. Les danses changeront malgré nous, notre clientèle changera aussi, nous allons devoir suivre cette évolution si nous voulons demeurer dans le domaine de l’enseignement. J’ai eu le plaisir, voilà quelques années, de discuter avec des professeurs américains qui m’expliquaient que chez eux c’était très différent d’ici. J’en ai retenu que nous étions 10 ans en arrière dans tout ce qui concerne la danse country en passant même par notre habillement’.  

Que pense-t-elle de la venue d’une nouvelle association de danse country? ‘Si cela a pour but de contrôler la qualité de notre enseignement, je suis en désaccord. Par contre, si elle a pour but d’uniformiser les danses enseignées à travers les différentes écoles dans un programme d’échange, je dis oui !  Je dis oui également à une association où en tant que professeur, je pourrais me référer à des professionnels pour de la formation dans les différentes sphères de la danse’

‘Difficile de vous dire où je serai dans quelques années. Je ne me suis jamais arrêtée à cela. J’ai une confiance aveugle en la vie, je suis certaine que je serai là où je dois être. Entre temps, je n’ai qu’un souhait à formuler, celui de voir de beaux sourires sur les lèvres de tous les danseurs…’