www.countrydansemag.com

Denis Henley & Nadia Langlais

Country Rhythm Dancers

Biographie autorisée

Texte de Bernard Pednault

Son amour pour la musique country remonte à sa plus tendre enfance. Denis a toujours aimé ce style musical. Il se souvient avoir grandi avec les ‘Merle Haggard, Johnny Cash… et plusieurs autres’. À cette époque, son métier de camionneur l’oblige à voyager régulièrement chez nos voisins du Sud. Pour Nadia, ce fut différent, elle tomba en amour avec cette musique à la même période où elle débuta ses premiers cours de danse.

Denis attrape cette piqûre pour la danse country en 1998. Il revoyait à ce moment-là son père Normand après plusieurs années. C’est lors d’une visite au défunt bar ‘Le Mustang’ en Beauce qu’il fut conquis par ce qui allait devenir son passe-temps favori. Pour la première fois, comme il le dit si bien, ‘J’avais le goût de danser au lieu de rester assis au bar’. Quelques mois passent, il revoit à nouveau Normand mais cette fois-ci, ils vont dans une érablière en banlieue de Montréal. Michelle Chandonnet et Marc Archambault de ‘Country Boots’ y animent une soirée. C’est lors de cette soirée que Denis fera pour la première fois quelques pas de cha-cha en compagnie de sa belle-mère Anna. Ce sera de même pour Nadia qui, ce soir-là apprendra sa première danse de partenaires, un ‘El Paso’ et ce, en compagnie de Normand. Ce fut pour tous les deux le coup de foudre.

Natif de Greenfield Park en Montérégie, c’est en 1997 que Denis fait la rencontre de Nadia, alors qu’il travaille comme débosseleur à Charlesbourg. Quant à Nadia qui est encore aux études à ce moment-là, elle a vu le jour à Limoilou, Québec.

Sa famille s’intéresse, disons-le, de très près à la musique country.  ‘Je suis un enfant gâté, j’ai la chance d’avoir deux pères et deux mères. Je m’explique : tout d’abord mon père Normand enseigne les danses de partenaires en compagnie d’Huguette Huneault de Granby Country Dancers, alors que ma belle-mère Anna en est la DJ attitrée.  Mon père adoptif est un inconditionnel de la musique country, il a été élevé en écoutant les Paul Brunelle, Johnny Cash… et j’en passe, mais il ne pratique pas la danse tout comme ma mère qui aime bien aussi cette musique.  Tous les deux m’encouragent énormément. J’ai aussi une sœur ; elle a suivi quelques cours de danse mais a arrêté suite à la naissance de sa fille. Elle s’occupe de gérer mon site Internet, sinon je n’y arriverais pas. Pour ce qui est de Nadia, son père ‘dans son jeune temps’ a déjà joué dans un orchestre, disons qu’il en connaît passablement. Il vient d’ailleurs de temps à autres dans mes soirées, juste pour écouter la musique. Ne vous surprenez pas de le voir faire quelques pas de danse, à sa manière, sur des musiques telles que Dwight Yoakam ou bien The Mavericks’. 

Tout comme bien des professeurs, leur apprentissage a débuté en suivant des cours avec des professeurs chevronnés dont la réputation n’est plus à faire. Ce fut le cas pour Denis et Nadia qui ont débuté à l’automne 1999 au ‘Centre de Danse Jacques Duval’ de Québec en compagnie de Micheline Tremblay et Martial Paquet, de Danse Country M&M. Ils ont également suivi des cours avec Gaétan Bourget au défunt bar ‘L’Étalon Noir’ de St-Apollinaire ainsi qu’au bar ‘Le Stampede’ de Québec. Après seulement quelques cours, ils allaient un peu partout en région. Il faut dire que Denis a une très grande facilité d’apprentissage ; il lui était facile d’apprendre des danses pour les montrer par la suite à Nadia.

Leur motivation à devenir professeurs ne se fait sentir qu’à la fin de 2001. En effet, le plaisir qu’ils ont à danser les amène à se rendre régulièrement au ‘Salon Rouge’ de St-Raymond où Caroline Genois y est professeur. Après un certain temps, Caroline doit quitter pour un travail à la Baie James, elle propose alors à Denis de la remplacer comme professeur. Il hésite bien sûr, mais il sait qu’il en est capable ; il sait lire les chorégraphies, mais voilà est-ce que les élèves de Caroline vont vouloir continuer avec lui, sa façon d’enseigner leur plaira-t-elle ? Il ne tarda pas à le savoir, à sa grande surprise, ils sont tous demeurés avec lui. Leur rêve à tous les deux devient dès lors réalité. Ils fondent en janvier 2002 «Country Rythm Dancers»

Après quelques années passées à St-Raymond, où ils enseignent toujours, ils sont maintenant depuis l’automne 2005 à Loretteville, plus précisément au ‘Centre de Danse Le Far-West’. Denis est toujours débosseleur peintre alors que Nadia est couturière pour Chaussure Regence. Pour eux, leur école de danse est avant tout un passe-temps et ils tiennent à ce que cela demeure ainsi.

En 2005, Denis se décide à faire une incursion dans le domaine de la chorégraphie. Il nous propose quelques danses qui feront leur petit bout de chemin. On a qu’à penser à «Between The Lines (février 2005), Wear & Tear (avril 2005) et Lots Of Leaving Left (juillet 2005)». Nul doute que cette dernière aura permis à les faire connaître encore plus.

Leur école si modeste soit-elle compte environ une quarantaine d’élèves mais le nombre pour eux importe peu car ce qu’ils recherchent avant tout, c’est que tous s’amusent en se sachant appréciés. Comme le dit si bien Denis, ‘Il n’y a pas d’élèves sans professeur et encore plus important, il n’y a pas de professeur sans élève. Je dirais que tous s’amusent autant que moi lorsque j’ai débuté dans la danse. Je crois surtout qu’il ne faut pas se prendre au sérieux’.

Ils ne sont pas surpris de l’envergure qu’a prise la danse country. Du dire de Denis. ‘Plusieurs s’imaginent que nous dansons (sans vouloir dénigrer leurs musiques) sur du Paul Brunelle ou du Willie Lamothe. Ils sont d’ailleurs surpris d’entendre la première fois cette musique entraînante. C’est un beau divertissement, on y fait de belles rencontres, on crée de nouveaux liens et qui plus est, c’est bon pour le cardio’

Quant à savoir si la danse country se porte bien aujourd’hui. Voici ce que Denis répond à cela : ‘Une bonne question, je dirais dans l’ensemble que oui !  Mais avec un peu de recul, ce n’est pas si évident que cela. Il y a la venue des musiques ‘Latino et Dance’. Je ne m’en cache pas, j’enseigne ce type de danse mais j’applique une certaine retenue. Le problème que nous rencontrons présentement dans la musique country, c’est qu’il n’y a pas de musique qui apporte du ‘Challenge’ ou, si vous préférez, qui a du ‘Punch’ comme dans le temps où il y avait les ‘Rodeo Rock, Fever ou Soubound Train’ ; nous sommes dans une période que j’appelle de balades ; les danseurs ont besoin d’une musique qui accroche. Combien d’écoles ont enseigné la danse ‘Doctor Doctor’ ?  Pourtant ce n’est pas une musique country mais elle est entraînante. Croyez-moi, j’en passe des heures devant mon ordinateur à fouiller les nombreux sites Internet à la recherche de la perle rare. Nadia peut vous en parler. Quoi qu’il en soit, 90% des danses que j’enseigne sont sur des musiques country et je tiens à ce que cela demeure ainsi. Quand un professeur vous dit qu’il n’a pas le choix d’en enseigner parce qu’elles se dansent ailleurs, l’excuse est trop facile, nous avons toujours le choix’              

Selon eux, la danse country est sur une bonne lancée, de plus en plus d’écoles offrent des cours de danse aux plus jeunes, chose que l’on ne voyait pas voilà quelques années. La venue d’une autre association ou regroupement ne règlera rien selon eux ; seul les élèves sont en mesure de déterminer si leur professeur enseigne bien ou non.

Pour terminer, Denis et Nadia souhaitent continuer à enseigner la danse country durant plusieurs années.  Combien de temps, ils ne le savent pas, mais comme le dit Denis, ‘Je me vois bien à l’hospice en train de montrer quelques pas de danse’. Ceci dit, pour l’instant, ils aimeraient bien que tous les professeurs, chorégraphes et associations se tiennent et travaillent tous dans le même sens, soit ‘faire progresser la danse country…’